Penser l'Entreprise au plus Juste_________________________
James P. Womack et Daniel T. Jones donnent les bases de la gestion de l'entreprise "au plus juste", qui vise à optimiser la performance de l'ensemble de la chaîne de valeur ajoutée de l'entreprise. L'approche permet des gains de temps et de coûts pour le client final, qui donnent un avantage concurrentiel à l'entreprise.
La démarche consiste en trois étapes :
- identifier dans un premier temps la chaîne de valeur propre au produit ;
- fluidifier le fonctionnement de cette chaîne de valeur afin de supprimer les ruptures de charge et les stocks ;
- organiser cette chaîne de manière à ce qu'elle produise en juste à temps, tirée par la demande du client.
James P. Womack et Daniel T. Jones présentent une analyse pertinente et richement documentée de l'évolution de l'industrie automobile mondiale depuis les premières usines fordiennes jusqu'à l'invention du système Toyota. Et dans le même temps ils introduisent un concept nouveau : celui de production au plus juste.
Par opposition à la production de masse, qui mobilise des ressources importantes pour accroître les cadences et réduire les coûts, la production au plus juste repose sur un management en finesse. Alléger les structures, éviter les opérations non productives, simplifier les processus et les procédures présente deux avantages majeurs : l'entreprise devient plus agile, c'est-à-dire qu'elle répond plus rapidement aux sollicitations du marché, et elle est plus compétitive, puisqu'elle réduit les coûts en s'attaquant aux tâches inutiles qui n'ajoutent aucune valeur au produit.
Le Système qui va Changer le Monde________________________
James P. Womack, Daniel T. Jones et Daniel Roos décrivent les principes de la production "au plus juste", à partir des enseignements d'une étude du MIT portant sur les systèmes de production de l'industrie automobile dans le monde. Ils nous montrent la puissance de ce mode d'organisation développé au Japon, et nous indiquent en quoi il diffère du système de production de masse.
James P. Womack, Daniel T. Jones et Daniel Roos ne se contentent pas d'analyser les "signes extérieurs de richesse" - ou de pauvreté - des industries japonaises et occidentales. Ils vont au fond des méthodes, et plus précisément de la structure interne des processus de prise de décisions, qui sont à la base de la "production de masse" et de la "production au plus juste".
On se rend compte à quel point la "production de masse" a été victime de sa propre réussite. En effet, les processus de prise de décisions qui la soutiennent ont une logique interne parfaitement cohérente, ce qui leur a permis de négliger la logique externe d'un environnement changeant auquel ils n'étaient plus adaptés.
Grâce à une méthodologie fondée sur une description des caractéristiques et défaillances du système de production occidental, puis une description des caractéristiques et avantages du système de production japonais, James P. Womack, Daniel T. Jones et Daniel Roos créent la base d'une application réelle et efficace des méthodes "au plus juste". Évitons cependant l'illusion qu'une simple duplication des techniques japonaises, à elle seule, peut résoudre la crise profonde à laquelle l'industrie automobile occidentale est confrontée.
L'approche systématique dont Womack, Jones et Roos ont fait preuve, basée sur une comparaison de plusieurs dizaines d'unités de production, témoigne d'un sérieux scientifique de tout premier plan. Le défi était de taille car il nécessitait de comparer des paramètres difficilement comparables. Le prix à payer pour atteindre cette ambition a été le temps. De ce fait, leur approche reflète de façon précise la situation de l'industrie à fin des années 80 et manque parfois à percevoir les changements qui sont apparus depuis. L'image d'une industrie européenne encore profondément ancrée dans une production de masse n'est sûrement pas révélatrice du "Projet de Qualité Totale" lancé par Renault en 1987, ni d'autres évolutions dans l'industrie automobile allemande et italienne. Une authentique transformation industrielle doit être le fruit d'une adaptation de méthodes plus performantes, telles que la "production au plus juste", à notre environnement spécifique. Ne tombons pas dans le piège de croire qu'une simple duplication de ces méthodes suffirait, comme par magie, à sauver nos industries.
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