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Samedi 11 février 2006

Panorama des Techniques, Comportements et Visions a Promouvoir_____________________________________________

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'environnement économique a fortement évolué au cours des dernières années. La mondialisation, l'explosion des systèmes d'information et l'accélération de la compétition internationale constituent certains des bouleversements les plus marquants. Dans ce contexte, la pérennité des entreprises dépend de leur capacité à changer, de s'adapter en permanence aux nouveaux enjeux. Les managers ont de nombreux défis à relever pour cela :

 

 

 

 

 

 

-          Se préparer au changement en apprenant à anticiper et en développant une vision ;

 

 

 

 

 

 

-          Conduire le changement en mobilisant l'organisation au changement, en transformant l'entreprise et en révolutionnant l'entreprise ;

 

 

 

 

 

 

-          Faire changer les hommes en adoptant un discours mobilisateur, en faisant évoluer les comportements, en vainquant les résistances psychologiques et en surmontant les obstacles au changement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Démarche de Changement_________________________________

 

 

 

 

 

 

 

 

 

John P. Kotter propose une démarche de changement en 8 étapes, inspirée des expériences des grandes entreprises :

 

 

 

 

 

 

-          créer un sentiment d'urgence ;

 

 

 

-          former une coalition puissante ;

 

 

 

-          développer une vision ;

 

 

 

-          communiquer la vision ;

 

 

 

-          lever les obstacles au changement ;

 

 

 

-          démontrer des résultats à court terme ;

 

 

 

-          bâtir sur les premiers résultats pour accélérer le changement ;

 

 

 

-          ancrer les nouvelles pratiques dans la culture d'entreprise.

 

 

 


John P. Kotter évoque une multitude d'observations judicieuses sur l'être humain et la difficulté du changement ! De l'analyse des causes du développement de la "complaisance" au sein de l'organisation, à celle des caractéristiques d'une vision performante, en passant par la nécessité maintes fois répétée pour la haute direction d'aligner leurs actions avec leurs propos.

 

 

 

 

 

 

Implicitement, Kotter parle de changement "radical" ! Or de nombreuses entreprises ne souhaitent pas procéder de cette façon. En effet, elles préfèrent gérer le changement de manière graduelle. Par exemple, la direction générale d'un groupe financier qu’on ne nommera pas refuse de se livrer à de grands discours sur la stratégie et la vision du groupe. Elle préfère, aux changements brusques et importants, les petites améliorations successives. Ce processus est plus lent au début, mais il permet de faire des changements en profondeur. Il présente donc l'avantage d'éviter de rencontrer des problèmes lorsqu'il s'agit d'obtenir des résultats tangibles et d'opérer une modification réelle de la culture (c'est à dire aux étapes 7 et 8 du modèle de Kotter).

 

 

 


Autre petite divergence : Kotter met beaucoup d'emphase sur la mollesse et le manque d'ambition des cadres dirigeants lorsqu'on leur demande de changer leurs méthodes de travail. Bien sur, nous rencontrons beaucoup d'individus qui manifestent un faible sentiment d'urgence, qui disent que "les choses ne vont pas si mal". Beaucoup ont développé cette attitude à force d'être déçus dans le passé ; pendant un temps ils ont essayés d'améliorer les choses, ils ont lutté, mais ils ont été vaincus par le "système". Alors ils sont lentement mais sûrement rentrés dans le rang. Ils ont pris l'habitude de cette "douce médiocrité". Ils sont aussi devenus un peu cyniques sur la possibilité d'opérer des changements profonds mais, au fond, ils aimeraient encore croire et espérer.

 

 

 

Mais nous parlons là d'une différence d'emphase. Kotter lui-même discute longuement les facteurs structures et systémiques qui contribuent si souvent à la mort de l'esprit d'initiative dans les entreprises.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du Mécanique au Vivant___________________________________

 

 

 

 

 

 

 

 

 

James N. Kelly et Francis J. Gouillart invitent les dirigeants à développer une nouvelle vision de l'entreprise, afin de mener à bien le changement. Ils recommandent ainsi une approche globale du management, consistant en 4 missions principales qu'un dirigeant doit accomplir pour réussir la transformation de son entreprise.

 

 

 

 

 

 

Le changement peut correspondre à différentes approches. Selon la situation face à laquelle il se trouve, le dirigeant devra remplir une ou plusieurs des 4 fonctions suivantes :

 

 

 

 

 

 

-          réorienter la mission de l'entreprise

 

 

 

-          restructurer l'organisation

 

 

 

-          revitaliser les forces de l'entreprise

 

 

 

-          en régénérer l'esprit.

 

 

 

 

 

 

En partant de ces 4 fonctions, Kelly et Gouillart proposent un modèle d'analyse afin de déterminer les actions à engager pour conduire le changement. En effet, les mesures à prendre diffèrent selon que le dirigeant se trouve dans l'une ou l'autre des 4 missions décrites précédemment.

 

 

 

 

 

 

Dans la pléthore d'écrits qui recouvrent le sujet de la "transformation" ou du "reengineering", James N. Kelly et Francis J. Gouillart offrent un vaste tour d'horizon du savoir-faire dans ce domaine.

 

 

 

Ils adoptent une perspective résolument systémique, ce qui les différencie des approches souvent plus étroites dans ce domaine : l'entreprise est un système complexe d'individus, de processus et de ressources physiques ; il faut prendre en compte le métabolisme de ce système pour y intervenir. C'est une perspective intelligente, au sens qu'elle permet de comprendre, et utile, car elle rend prudent, mais souvent difficile à appliquer totalement car il faut bien choisir, in fine, à quoi l'on va toucher et ne pas toucher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Alchimie du Changement_________________________________

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-

 

 

 

 

 

 

François Dupuy nous présente les enseignements d'un sociologue praticien sur la conduite du changement dans les organisations.

 

 

 

Il se concentre sur la démarche de changement et sur sa mise en oeuvre. Opérationnel et centré sur des cas précis (Sncf, Air France entre autres entreprises françaises ou européennes), il revisite les notions de diagnostic et de plan d'action à la lumière des concepts de la sociologie des organisations : le système, l'acteur, les symptômes, les problèmes, les leviers, la coopération, etc.

 

 

 

 

 

 

Les messages de Dupuy s'articulent autour de 3 principaux points :

 

 

 

 

 

 

-          Il est illusoire de transformer profondément le fonctionnement de l'organisation en s'attaquant simplement aux structures, ou en prétendant directement faire évoluer les attitudes. Il faut aller plus loin, en créant les conditions dans lesquelles les acteurs trouveront intérêt à changer leur comportement.

 

 

 

-          Pour cela, il est indispensable de passer par une phase de compréhension de la stratégie des acteurs concernés. Ce qui nécessite une écoute attentive, puis une mise en perspective pour éviter d'être prisonnier des points de vue nécessairement partiels de chacun.

 

 

 

-          Il faut ensuite créer le contexte qui rendra le changement possible, en sachant en particulier instaurer dialogue et confiance, s'appuyer sur les insatisfactions et se focaliser sur quelques leviers prioritaires.

 

 

 

 

 

 

François Dupuy combine une expérience de chercheur au CNRS et d'enseignant avec une forte pratique de conseil auprès des entreprises, aux côtés de Gemini Consulting en particulier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Stratégie du Projet Latéral____________________________

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Olivier d'Herbemont et Bruno César proposent une démarche originale pour mener à bien un projet de changement malgré une forte opposition de la part de certains acteurs.

 

 

 

 

 

 

Ils proposent une démarche originale pour mener à bien un projet de changement malgré une forte opposition de la part de certains acteurs. La stratégie du projet latéral repose sur quatre grands principes :

 

 

 

 

 

 

-          recenser tous les acteurs concernés par le projet de changement et identifier les alliés et les opposants aux projets;

 

 

 

-          définir avec les alliés un projet qui recueille leur intérêt (le projet latéral) et les encourager à convaincre les indécis ;

 

 

 

-          adapter au fur et à mesure le projet pour gagner une majorité à la cause ;

 

 

 

-          désamorcer les attaques des opposants sans entrer dans un conflit ouvert.

 

 

 

 

 

 

Le thème de la gestion du changement dans les organisations est pléthorique. Olivier d'Herbemont et Bruno César vont au delà des principes généraux et proposent une approche pratique pour surmonter les obstacles au changement.

 

 

 


Ils nous expliquent en particulier que la plupart des résistances au changement sont prévisibles. Elles peuvent en effet être comprises en recensant les acteurs impliqués dans le projet et en étudiant leur position vis-à-vis du projet. Ils nous rappellent également que le niveau de résistance au changement dans une entreprise repose à la fois sur la complexité technique du projet et sur le nombre de personnes qui soutiennent ou au contraire s'opposent à sa mise en œuvre. A partir de ces deux variables, ils nous proposent une typologie des projets de changement et la stratégie la plus adaptée pour les mener à bien.

 

 

 


Olivier d'Herbemont et Bruno César nous fournissent des concepts et des outils pour analyser le contexte politique spécifique à chaque projet et choisir l'approche la plus appropriée à chaque type de situation. Certaines des idées et des concepts exposés sont assez répandus et peuvent être aisément rapprochés de la littérature sur la gestion des conflits ou sur la négociation. Par exemple, l'idée de construire un projet latéral est relativement proche du concept de "négociation interactive". Dans les deux cas, la stratégie vise à gagner le support de ceux qui sont à l'origine opposés au changement en trouvant une solution qui satisfasse les intérêts des deux parties.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Défi de Changement Organisationnel_____________________

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Todd D. Jick, Moss Kanter Rosabeth et Barry A. Stein visent avant tout à nous faire comprendre les moteurs du changement, plus qu'à nous fournir une démarche toute prête. À l'aide de nombreux exemples, ils nous montrent que le changement ne se planifie pas : les forces à l'œuvre dépassent bien souvent la marge de manœuvre du dirigeant. Ils nous incitent donc plutôt à mieux analyser la situation, pour pouvoir tirer parti avec habileté des leviers qu'elle recèle.

 

 

 

 

 

 

Mon organisation doit-elle changer ? Que doit-elle devenir pour être performante ? La vraie difficulté n'est pas de répondre à ces questions. La conviction de d'Herbemont et César est que le véritable défi réside dans : Comment changer ? Comment traduire en actions mon expérience, mes idées et mes intentions ? Pour nous aider à répondre à cette question, ils ont rassemblé une multitude de cas, d'interviews et de récits à la première personne. Ils les présentent à la lumière d'un cadre conceptuel propice à en tirer des enseignements.

 

 

 


Leur grand mérite est de nous laisser le soin d'organiser le chaos inhérent au changement. Le cadre conceptuel élaboré sert de grille de lecture aux monographies qu'ils ont rassemblées. Mais le véritable travail de fond reste à faire. Et c'est une excellente chose. Chacun doit en effet réinventer sa propre approche. Nous disposons  ici d'un matériel riche et varié d'où nous pouvons tirer les leçons appropriées au problème auquel nous sommes confrontés.

 

 

 


Gardons-nous de la tentation d'extraire des techniques "clés en main" à partir des exemples cités. Nous devrons plutôt chercher à identifier le principe sous-jacent qui pourrait nous aider dans le contexte qui est le notre. C'est particulièrement vrai pour nous européen.

 

 

 


Les idées et le modèle présentés par
Olivier d'Herbemont et Bruno César n'en ont pas moins de valeur. Ils doivent rejoindre le trésor que se constituent la plupart des dirigeants au cours d'années d'expérience, de formation et de lectures. Mais leur véritable contribution est un miroir kaléidoscopique dans lequel nous pouvons réfléchir les problèmes de changement auxquels nous sommes concrètement confrontés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mobilisation de l'Organisation____________________________

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kathleen Lusk Brooke, John Bray et George H. Litwin abordent 6 enjeux clés de la gestion du changement :

 

 

 

 

 

 

-          Affronter l'inertie

 

 

 

-          Fédérer l'organisation autour d'une vision

 

 

 

-          Etablir des chartes entre les dirigeants et les unités

 

 

 

-          Maintenir sa crédibilité vis-à-vis de ceux qui attendent des résultats

 

 

 

-          Créer un climat favorable

 

 

 

-          Multiplier les chantiers de changement.

 

 

 


George Litwin a étudié sur le terrain la nature et l'impact du "climat d'entreprise" bien avant que la notion de "culture d'entreprise" n'apparaisse dans les discours de management. Ses premiers travaux étaient étroitement liés aux théories de la motivation élaborées par David McClelland. Litwin a ainsi élaboré très tôt un modèle rigoureux de compréhension du contexte organisationnel et du comportement des individus. Il l'étend ici à la discussion sur le changement et la mobilisation. Cet apport s'enrichit de l'expérience de Warner Burke, qui a collaboré à la plupart des démarches de changement. Bien avant que la problématique de "transformation" ne devienne l'objet de fascination qu'elle est aujourd'hui, Burke était déjà une autorité en matière de développement et de changement des organisations.
Kathleen Lusk Brooke, John Bray et George H. Litwin réunissent les deux approches méthodologiques pour les appliquer à la transformation des grands systèmes.

 

 

 


Ils décrivent leurs interventions réussies au sein de British Airways ou Short Brothers. Ils explorent également certains échecs patents tels que British Rail ou
la BBC. Cette compilation d'exemples constitue une base de données conséquente en matière de changement. Brooke, Bray et Litwin apportent une réponse implicite aux critiques traditionnelles qui disent que ces approches de transformation sont "trop américaines" et donc non appropriées au contexte européen.

 

 

 


Par ailleurs, ils démontrent avec force le rôle essentiel du leadership à chaque étape de la démarche de changement. Sur ce sujet, la littérature américaine fait une large place aux "super patrons" : Welch chez General Electric, Iacocca chez Chrysler, etc. A l'inverse, les leaders ne sont pas des "super héros". Ce sont simplement des individus, des membres d'une équipe de direction qui s'engagent avec courage et résolution dans un processus de transformation à grande échelle. Cette approche semble plus adaptée aux préoccupations et aux traditions européennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment Réussir la Transformation des Organisations ?_____

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bert A. Spector explique comment faire évoluer son entreprise pour mieux servir ses clients. Il expose tout d'abord le modèle de l'organisation horizontale, destiné à répondre rapidement aux attentes des clients. Puis il décrit les 6 étapes clés à franchir pour le mettre en oeuvre.

 

 

 

 

 

 

Dans le contexte actuel de crise économique, les consultants qui traitent de la transformation des organisations ne manquent pas. Ils proposent au manager des recettes pour l'assister dans une des tâches les plus ambitieuses de sa carrière : introduire un changement profond et durable dans son entreprise. Au sein de cette cacophonie littéraire, Bert A. Spector sort nettement du lot de par la profondeur de l'analyse et la qualité des recommandations.

 

 

 


Tout d'abord, Spector se fonde sur des travaux de recherche rigoureux. L'analyse sur le terrain a duré trois ans et permet donc de comprendre le processus de transformation dans la durée. Il ne se limite cependant pas à la narration d'exemples et propose également une modélisation théorique du processus de changement qui peut être appliquée à la plupart des situations rencontrées.

 

 

 

 
Ensuite, Spector aborde la problématique de changement sous un angle particulièrement pertinent. Depuis l'objectif de la transformation qui est clairement mentionné : devenir une organisation qui améliore la valeur pour le client. Jusqu'au principal levier de mise en œuvre : le leadership du dirigeant, qui doit allier vision économique et motivation des hommes.
Bert A. Spector plonge au cœur du sujet. Il ne se laisse pas intimider par la complexité et ne tombe pas dans le piège d'une simplification excessive. Le leadership efficace doit allier à la fois forme et contenu, délégation et contrôle, conduite et support du changement.

Enfin, il s’ancre dans la réalité des organisations et propose des recommandations pratiques et utiles sur comment réussir la transformation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Révolutions Intentionnelles______________________________

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans tout programme de changement, un défi majeur consiste à faire évoluer le comportement des hommes. Joan Lancourt, Helen G. Vassalo et Edwin C. Nevis font le point sur les différentes méthodes possibles (communication, démarches participatives, coercition, etc.) et les conditions dans lesquelles elles s'avèrent plus ou moins pertinentes.

 

 

 

 

 

 

Écrire sur le changement est un exercice extrêmement difficile. En effet, il faut beaucoup d'expérience pour faire des recommandations claires sans cacher aux lecteurs la complexité des situations. Edwin C. Nevis, Joan Lancourt et Helen C. Vassalo ont parfaitement réussi. Leurs propositions sont pertinentes. Et les exemples qu'ils ont choisis permettent de bien appréhender les marges de manœuvre dont dispose un dirigeant dans des organisations complexes par essence.

Ils font deux constats. D'une part, les méthodes traditionnelles de gestion du changement ne sont plus adaptées. En effet, une approche par amélioration progressive se révèle inefficace pour la plupart des entreprises. Celles-ci n'ont en effet pas d'autres choix que d'effectuer une évolution radicale. D'autre part, l'application d'une unique méthode ne suffit pas pour transformer les habitudes de travail. Seul un panachage de plusieurs approches peut permettre d'opérer une transformation profonde. Nevis, Lancourt et Vassalo en proposent 7 : la communication, les démarches participatives, l'encouragement, les modèles, la réorganisation des structures et des processus, les récompenses et la coercition.

 

 

 


Ils présentent également l'avantage de réussir à prendre en compte l'impact de la culture d'entreprise dans les approches qu'ils proposent. Beaucoup de consultants en parlent. Ils reconnaissent qu'il est impossible de transformer radicalement les méthodes de travail d'une entreprise sans tenir compte de ce qui fait sa spécificité. Mais peu parviennent à faire des recommandations qui permettent d'intégrer l'identité propre de l'entreprise dans la démarche de changement.

 

 

 


La démarche de Edwin C. Nevis, Joan Lancourt et Helen C. Vassalo, qui consiste à combiner 7 méthodes classiques, constitue une réelle innovation en matière de management. D'autant plus que ces derniers ne se sont pas contentés de les décrire. Ils ont pris le soin d'étayer leurs propos à l'aide de nombreux exemples. Et de vérifier sur des cas concrets les résultats de leurs recommandations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Leadership Adaptatif_____________________________________

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La plupart des consultants préconisent l'instauration de leaders visionnaires. Ronald A. Heifetz propose une réponse toute différente, qui mérite qu'on s'y attarde. Pour lui, le leadership consiste avant tout à aider les organisations à adapter leurs valeurs et leurs comportements aux évolutions de l'environnement. Cette approche a le mérite d'être socialement bénéfique, contrairement aux éventuels dérapages des "leaders visionnaires".

 

 

 

Par ITH Kantharith - Publié dans : II. LEVIERS DE PERFORMANCE
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Samedi 4 février 2006

Changement de Valeur___________________________________

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui, l'éthique n'est plus une option : la performance des entreprises est dorénavant jugée selon des critères à la fois financiers et moraux. Il n'en demeure pourtant pas moins qu'à court terme, un comportement immoral peut parfois être beaucoup plus rentable.

 

 


Lynn Sharp Paine invite chaque entreprise à définir son positionnement face à ce dilemme et à adapter ses systèmes de management pour respecter les engagements correspondants.

 

 

 

 

A une époque où la responsabilité sociale des entreprises est à la une, quand on repense la question fondamentale du gouvernement de l'entreprise, sous la pression de la concurrence ou de la survie, la conscience des dirigeants se laisse facilement tenter par des "raccourcis". Les directeurs financiers rivalisent de créativité pour trouver les failles des règles du jeu. L'expérience récente aux Etats-Unis a mis en évidence le manque de fiabilité des mailles des systèmes de contrôle. Les cas d'Enron, Tyco, WorldCom ou Xerox ont non seulement détruit ou ébranlé quelques grandes entreprises, ils ont fortement ébranlé la confiance de la société en l'entreprise et en ses dirigeants.

 

 


Lynn Sharp Paine, professeur d'Ethique à
la Harvard Business School, pose la question que tous les dirigeants se posent un jour : l'éthique paie-t-elle ? En fait, l'éthique n'intéresse guère les cadres qui viennent se perfectionner dans les business schools : ils se déclarent prisonniers du système, acculés en permanence à faire les choix qui maximiseront la valeur pour l'actionnaire. Parmi les jeunes, certains - les plus éclairés - sont attentifs à l'éthique non parce que l'éthique paie, mais parce qu'ils veulent mettre leurs actes en accord avec la voix intérieure de leur conscience.

 

 


Paine revient sur le postulat que l'éthique paie, épousé par beaucoup de professeurs d'éthique outre-Atlantique. Les enseignants expliquent qu'ils n'ont pas le choix. De nos jours, déclarent-ils, pour retenir l'attention des managers à l'égard de l'éthique, il faut partir du postulat que le comportement éthique paie. L'éthique n'intéresse pas, mais si l'éthique paie, alors managers jeunes et moins jeunes deviennent très attentifs au message éthique. Ce faisant, on a transformé l'éthique en un "outil" pour accroître la performance de l'entreprise et maximiser le retour pour l'actionnaire. Lynn Sharp Paine illustre comment, dans de nombreux exemples connus, le comportement responsable et les choix éthiques ont produit de la valeur, en particulier à long terme. Mais elle montre aussi comment des comportements non éthiques peuvent produire de la valeur. Les dirigeants et leurs équipes peuvent utiliser des sentiers douteux et gagner beaucoup, en particulier à court terme.

 

 


L'argument de Paine est que le comportement éthique n'est pas une mode, le résultat d'une conjoncture qui aurait sensibilisé les entreprises. Elle voit une lame de fond de la société qui demande transparence de l'information, clarté des comptes, responsabilité et honnêteté, justice et probité. Elle propose d'abandonner le slogan "l'éthique paie", et de lui préférer "l'éthique compte". Elle propose le développement d'une "boussole" dans l'entreprise, autour de quelques principes qui servent de filtres lors des dilemmes éthiques. Elle montre clairement qu'il est possible de définir un comportement performant sur le plan économique qui place au centre le souci éthique dans les pressions économiques. Entre l'ange et le diable, elle voit une position réaliste possible dont elle illustre la mise en pratique.

 

 


Malgré quelques répétitions, le message est clair. Il s'agit de développer une entreprise ayant une personnalité morale. Le changement des valeurs dans la société impose aux entreprises et à leurs dirigeants de repenser les principes mêmes de leur action pour accorder la double contrainte : responsabilité et résultats.
Lynn Sharp Paine en illustre la possibilité et ne manquera pas de conforter la perspective des dirigeants éclairés, et peut-être d'éclairer celle des "autres".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gestion de Réputation et de Risque de l’Entreprise___________

 

 

 

 

 

 

En matière de comportement responsable, la volonté des dirigeants d'agir honnêtement ne suffit pas. Dale Neef montre que les risques de dérapages existent à tous les niveaux de l'entreprise et fournit de précieux conseils pour tenter de les prévenir.

 

 

Il explicite brièvement les causes de l'inflation récente de scandales et donne des pistes d'action pour réduire les risques d'être soi-même touché. En complément, avec sa classification des politiques de gestion du risque de réputation, il nous permet d'évaluer le degré d'avancement de notre société dans ce domaine.

 

 

Dale Neef insiste beaucoup sur la nécessité de lutter contre les pratiques répréhensibles. Il souligne pour cela que les évolutions du monde des affaires ont tendance à les encourager, que le prix à payer en cas de scandale est de plus en plus élevé, et énumère enfin les domaines où la réputation de l'entreprise peut être compromise. Les exemples de DoubleClick, Nike, Fisher-Price ou encore BP-Amoco viennent à l'appui de ces démonstrations.

 

 

 

 

Prévenir les pratiques condamnables passe par la mise en application au quotidien de règles de conduite claires. Dale Neef montre comment y parvenir en dépit des inévitables scepticismes.

 

 

La nécessité d'organiser la remontée de l'information sur les pratiques non conformes à l'éthique est sans doute son thème le plus novateur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Ethique, Fondé sur la Création de Valeur_________________

 

 

 

 

 

 

Laura L. Nash présente l'éthique comme une nécessité pour le succès à long terme de l'entreprise. Il critique l'approche traditionnelle qui voit l'éthique comme un garde fou dans la quête du profit. Il propose de la remplacer par un modèle qui prône la création de valeur pour toutes les parties prenantes. Et de doter ainsi l'organisation de puissantes règles d'aide à la décision.

 

 

On nous présente le développement de l'éthique dans les entreprises comme une tendance lourde de ces dernières années. C'est une réalité indéniable, même en Europe. Pourtant, ce courant de pensée ne suscite pas encore l'intérêt de l'encadrement intermédiaire français. Notre culture veut en effet que l'on considère les valeurs éthiques comme quelque chose de très personnel. Et que le monde de l'entreprise doit laisser chacun libre de ses choix. Mais le phénomène se propage tout de même. Les dirigeants et l'encadrement supérieur se sentent déjà concernés.

 

 


Mais on nous présente mal la raison d'être de ce courant de pensée. On justifie trop souvent la nécessité de l'introduire dans les affaires en affirmant qu'il contribue à générer du profit. C'est certainement vrai, mais ce n'est pas la bonne façon d'en parler. Le message de Laura Nash est d'ailleurs très clair. Le développement de l'éthique répond à un besoin généralisé : donner aux individus une boussole afin de leur permettre de déterminer dans quelle direction aller. Le profit n'est qu'un élément complémentaire.

 

 


Le monde des affaires a besoin de cette boussole, car les crises éclatent de partout. Les dirigeants d'entreprise ne peuvent donc plus se contenter de dire " Nous faisons de l'argent et nous sous-traitons à l'État la tâche de réguler les injustices sociales. De s'occuper de tous les exclus que notre modèle génère". Cette époque est révolue. Il faut désormais adopter un comportement éthique dans le monde de l'entreprise parce que nous n'avons pas d'autre choix.

 

 


Laura Nash nous montre la direction à suivre. Il faut, dit-elle, développer un comportement éthique fondé sur la création de valeur. Pas sur le profit. Un modèle qui inciterait non seulement chacun à ne pas faire à autrui ce qu'il n'aimerait pas qu'on lui fasse. Mais qui surtout valoriserait l'attention que l'on porte aux besoins des autres.

 

 


Laura Nash incite néanmoins une réaction critique. L'éthique paraît devenir instrumentale. D'éducation très américaine et marquée par une culture très Harvard, Laura Nash ne peut s'empêcher de revenir à la notion de profit. Car in fine, dit-elle, l'éthique génère des gains substantiels.

 

 


Le modèle qu'elle propose est néanmoins très intéressant. C'est un premier pas en avant qui a l'avantage de lancer le débat. Et de fournir des pistes de réflexion pertinentes, même en France.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Développer l'Employabilité_______________________________

 

 

 

 

 

 

Gérer l'employabilité, c'est faire évoluer la situation professionnelle des salariés pour développer leurs capacités à occuper ultérieurement un autre emploi ou à exercer un autre métier, dans l'entreprise ou ailleurs. Alain Finot présente la notion ainsi que les moyens de la développer dans les organisations.

 

 

A défaut de pouvoir offrir la garantie de l'emploi, les entreprises peuvent se fixer comme objectif l'employabilité des salariés. Finot clarifie cette notion d'employabilité et montre comment il est possible de l'apprécier avec chaque employé de l'entreprise. Il montre également comment passer à l'action, en présentant les dispositifs à mettre en place pour développer l'employabilité, ainsi que leur efficacité. Une approche qui vient renouveler la façon de gérer les ressources humaines.

 

 

 

 

Alain Finot commence par présenter en détail le concept d'employabilité et ses enjeux :

 

 

 

 

-          c'est un concept en mutation depuis les années 30 ;

 

 

-          il peut être vu aujourd'hui comme l'élément essentiel de la politique sociale des entreprises qui cherchent à combattre au mieux le chômage ;

 

 

-          mais beaucoup de salariés souffrent encore "d'inemployabilité", problème dont les symptômes sont nombreux et pas toujours aisément combattus.

 

 

 

 

Finot tente d'éclaircir l'application qui est faite du concept, elle même souvent source de nombreuses confusions :

 

 

 

 

-          l'employabilité ne recouvre pas la seule notion de compétences ;

 

 

-          elle permet quand elle est bien mise en œuvre de donner à l'entreprise une réelle visibilité sur l'évolution de son environnement et la capacité de ses ressources internes à évoluer en conséquence ;

 

 

-          mais toutes les tranches d'âge et les CSP ne peuvent faire preuve du même niveau d'employabilité.

 

 

 

 

Enfin il montre en quoi le développement de l'employabilité doit constituer un nouvel état d'esprit pour la GRH. Cette thèse est présentée sur la base de l'exemple de l'usine de Rugles de la société CEZUS, dont les ressources humaines ont été gérées avec originalité depuis 40 ans. Il s'intéresse alors :

 

 

 

 

-          à la présentation de l'unité,

 

 

-          aux résultats attendus par le programme mis en place,

 

 

-          aux moyens mis en œuvre pour développer l'employabilité des salariés,

 

 

-          aux résultats finalement obtenus.

 

 

 

 

Il décrit les évolutions que le concept d'employabilité à connu, depuis 1930 jusqu'à aujourd'hui. Cet historique permet de mieux comprendre pourquoi cette notion est aujourd'hui au cœur des problématiques internes de l'entreprise.

 

 

 

 

Alain Finot est responsable des ressources humaines au sein d'une unité d'un groupe industriel international. Il a construit sa propre employabilité à travers des expériences significatives dans les secteurs de l'aéronautique, de la connectique et de l'énergie.

 

 

 

 

 

 

Par ITH Kantharith - Publié dans : II. LEVIERS DE PERFORMANCE
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Mercredi 1 février 2006

Avantage Collaborative_________________________________

 

 

 

 

 

 

Inspiré d'exemples appartenant au secteur automobile, Jeffrey H. Dyer montre qu'établir une relation privilégiée avec certains de ses fournisseurs peut être source d'un avantage concurrentiel déterminant et nous livre les clés du succès de ce type de partenariat.

 

 

 

 

Les performances remarquables de Toyota s'expliquent en grande partie par la façon dont elle a organisé sa production. Plutôt que de fabriquer elle-même ses composants, ou de les acheter auprès du fournisseur le moins disant, elle a choisi de travailler en partenariat sur le long terme avec un réseau de fournisseurs privilégiés. De même, lorsque Chrysler a adopté ce modèle au début des années 90, son redressement a été spectaculaire.

 

 


Jeffrey H. Dyer tire les leçons de ces deux exemples. Il en ressort des enseignements dont pourront tirer profit des entreprises de tous les secteurs d'activité :

 

 

 

 

-          Travailler en partenariat avec ses fournisseurs peut procurer de nombreux avantages, de la maîtrise des coûts à la réduction des temps de développement

 

 

-          Le choix de ce mode d'organisation est approprié en cas de produits complexes : plus les composants sont interdépendants, plus une coordination efficace est indispensable.

 

 

-          3 facteurs de succès sont essentiels à la réussite de l'entreprise étendue : créer un climat de confiance, organiser des transferts de savoir-faire, convaincre les fournisseurs d'investir dans des actifs dédiés à ce partenariat.

 

 

 

 

Jeffrey H. Dyer nous remet au cœur d'un vieux débat : comment réconcilier ces deux approches antinomiques métaphoriquement représentées par la "main visible" et la "main invisible" ? Il nous replonge également dans la vague du "Supply Chain Management".

 

 


La richesse des propos de
Jeffrey H. Dyer est d'appliquer ce concept d'entreprise étendue au réseau de fournisseurs et d'en faire une démonstration très documentée en s'appuyant sur des données et une expérience de terrain.

 

 


Dyer devrait aider beaucoup de managers à décider quoi fabriquer en interne, selon le mode traditionnel d'intégration verticale, quoi sous-traiter en mettant les fournisseurs en concurrence principalement sur les prix et quoi sous-traiter en développant un réseau de partenaires. Les trois clés du succès dans ce dernier cas sont clairement énoncées : création de biens et d'investissements dédiés, gestion du savoir et climat de confiance. Des chiffres, des graphiques et des interviews sont là pour soutenir le raisonnement.

 

 

 

 

En fait, les vrais problèmes se trouvent lors de l'application et de la mise en œuvre des concepts. Ces difficultés ne sont pas esquivées par Jeffrey H. Dyer, mais les exemples de Chrysler et de Toyota sont-ils suffisamment probants ? N'est-on pas en présence d'une reconstitution ex-post sur de nombreuses années dans le cas de Toyota ou d'une situation particulièrement dramatique qui nécessitait des solutions drastiques et créatives, pas seulement dans le domaine de la chaîne d'approvisionnement dans le cas de Chrysler ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carnet de Route pour Manager____________________________

 

 

 

 

 

 

Michael Hammer exhorte les entreprises à étendre l'amélioration des processus au-delà de leurs frontières, afin de créer plus de valeur pour les clients.

 

 

Au début des années 90, Hammer s'est illustré à travers le thème du reengineering, expliquant comment les nouvelles technologies de l'information allaient révolutionner l'organisation interne des entreprises et redessiner les pôles de responsabilité.

 

 


Ce que propose
Hammer, ce n'est rien moins que de repenser le management au-delà des frontières de l'entreprise. Quand les technologies de l'information permettent de relier les entreprises entre elles aussi étroitement que peuvent l'être deux départements d'une même société, les différences s'effacent entre l'inter- et l'intra-organisationnel. Ces deux dimensions se pénètrent l'une l'autre et doivent donc être gérées conjointement. C'est à cet impératif que nous exhorte Michael Hammer qui isole deux idées forces.

 

 

 

 

Première idée force, penser processus avec ses clients. Finie l'offre sur catalogue. Il n'est plus aujourd'hui possible de se contenter de livrer des produits. Servir ses clients commence en travaillant avec eux à la définition de leurs besoins, voire en les anticipant. Elle se poursuit en les accompagnant dans leurs évolutions. En proposant de comprendre la relation client comme un processus qui s'inscrit dans la durée, Hammer indique que l'entreprise de demain sait créer un destin lié avec celui-ci. Son effort de management ne doit donc pas s'arrêter à la porte de ce dernier.

 

 


Deuxième idée force, penser communauté. Hammer nous montre également que l'entreprise de demain est d'abord et avant tout une entreprise en réseau. La recherche de la compétitivité pousse chacun à se spécialiser sur ce qu'il sait faire le mieux et à puiser chez les autres les complémentarités nécessaires. Le formidable développement des technologies de l'information permet de réussir cette alchimie complexe en brisant les barrières entre les organisations. Il n'y a plus, par exemple, de fournisseurs qui soient trop lointains ou qui ne puissent répondre instantanément à votre demande. Mais cette interdépendance implique d'évaluer ses décisions au niveau de cette communauté virtuelle et non plus de sa seule entreprise. La valorisation individuelle passe par la valorisation d'ensemble de la communauté.

 

 


Certains diront que ces deux idées structurantes - processus et réseau - ne sont pas réellement innovantes en management. C'est tout à fait vrai. L'originalité de Hammer tient plutôt à penser les deux en même temps afin d'élargir notre conception du management.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Q.I.  de l'Organisation____________________________________

 

 

 

 

 

 

Savoir traiter rapidement et efficacement l'information devient un levier clé de performance des organisations. Johannes Ziegler et Haim Mendelson présentent le QI de l'entreprise, indicateur destiné à refléter cette aptitude, que ce soit en interne ou avec ses partenaires.

 

 

La capacité pour l'entreprise de traiter rapidement et efficacement l'information devient un levier clé de performance. À tel point que des chercheurs ont formulé une définition du QI de l'entreprise, destinée à refléter cette aptitude. Leurs travaux montrent une forte corrélation entre QI et performance. Mais aussi un retard notable des entreprises européennes ! Leurs conseils pour améliorer ce QI, selon ses 5 composantes, n'en ont que plus de poids...

 

 

 

 

L'ère de l'information engendre des changements spectaculaires et irréversibles dans l'environnement concurrentiel. Haim Mendelson et Johannes Ziegler nous montrent que la plupart des managers confrontés aujourd'hui à ces changements sont démunis. En effet, ils ne savent pas quelles modifications apporter à leur pratique traditionnelle de la conduite des affaires pour faire face à ce nouveau contexte. En conséquence, la plupart des programmes de transformation échouent car les managers qui les pilotent n'ont pas de compréhension claire de ce que leur entreprise doit devenir et pourquoi.

 

 


Mendelson et Ziegler se sont donc mis à la recherche d'un nouveau modèle permettant d'analyser comment l'entreprise peut s'adapter aux réalités du vingt et unième siècle. Pour cela, ils introduisent dans leur ouvrage le concept de QI de l'organisation. Ce QI mesure la faculté de l'organisation à assimiler l'information et à prendre des décisions. Les auteurs nous montrent que les entreprises à QI élevé connaissent une croissance et une rentabilité bien supérieure à celles dont le QI est plus faible. Ce QI de l'organisation est constitué des cinq composantes bien identifiées que le manager doit comprendre et améliorer :

 

 

 

 

-          La réceptivité de l'entreprise à l'information externe.

 

 

-          L'efficience de son processus de décision.

 

 

-          Sa capacité de diffuser le savoir dans l'entreprise.

 

 

-          La focalisation de son organisation.

 

 

-          Son fonctionnement en réseau d'entreprises.

 

 

 

 

Les idées que défendent et développent Haim Mendelson et Johannes Ziegler sont remarquables. Néanmoins, le manager devra être vigilant quant à leur mise en pratique, en veillant particulier sur certains points notés ci-dessous.

 

 


Tout d'abord, à l'ère de l'information, l'entreprise ne doit pas négliger l'importance du rôle de la direction générale. Les auteurs plaident pour une délégation de l'autorité de décision aux niveaux les mieux informés. Cela est certes indispensable, mais si le pouvoir de décision est trop largement distribué, cela pourrait produire trop d'ambiguïté ou de conflits, qui pourraient menacer la cohérence de la stratégie ou réduire son efficacité.

 

 


Ensuite, à l'ère de l'information, le changement est permanent. La réceptivité de l'entreprise à l'information externe reste cruciale pour sa performance. Cette attention de tous les instants à l'environnement reste une base importante pour toute analyse concurrentielle et industrielle, la source de la réflexion stratégique. Ce point est essentiel et ne doit pas être sous-estimé.

 

 


Enfin, Mendelson et Ziegler soulignent l'importance de la focalisation de l'organisation. Cependant, concentrer l'entreprise sur quelques compétences clés peut être dangereux. Il est tout aussi important de développer la capacité de remplacer des compétences obsolètes par de nouvelles compétences plus porteuses d'avenir. La flexibilité des structures et des stratégies est un concept important qui aurait mérité plus d'attention qu'actuellement attribué.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ITH Kantharith - Publié dans : II. LEVIERS DE PERFORMANCE
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Mardi 31 janvier 2006

Pouvoir________________________________________________

 

 

 

 

 

 

David L. Bradford et Allan R. Cohen proposent de multiples conseils pratiques pour améliorer le fonctionnement d'une équipe de direction. Ils montrent notamment comment une approche de leadership partagé permet de gagner en efficacité dans la prise de décision.

 

 

Beaucoup de dirigeants sont déçus du fonctionnement de leur équipe de Direction. Pourquoi chacun ne se préoccupe-t-il avant tout que de son propre domaine de responsabilité ? Pourquoi beaucoup de décisions importantes sont-elles prises dans les coulisses, sans possibilité de débat ? Bradford et Cohen nous montrent que les maux dont souffrent ces équipes s'expliquent par les préceptes du leadership traditionnel. À partir de cette analyse, ils nous indiquent une approche alternative : établir un leadership partagé et nous prodiguent de multiples conseils pour réussir dans cette voie difficile mais prometteuse.

 

 

 

 

Après une relative éclipse au cours des années quatre-vingt, le leadership est revenu à la mode ! Aujourd'hui, la littérature sur ce sujet est florissante, les programmes qui visent à développer les talents de leader se multiplient, tandis que les consultants et les gourous en la matière sont dans les années de vaches grasses.

 

 

 

 

Pourquoi, aujourd'hui, le leadership et sa riche littérature redeviennent-ils à la mode ? Certains attribuent cette vogue au fait que dans un monde en changement rapide, turbulent et très incertain, le leader est un réducteur d'incertitude, dont notre société et nos organisations ont grand besoin.

 

 


Toutefois, et c'est un des mérites du travail de David Bradford et Allan Cohen, le leadership a plusieurs visages, dont certains ont pris de l'âge. C'est ce caractère vétuste du "leadership héroïque", sa dimension aujourd'hui non contingente, qu'ils dénoncent.
Ses derniers vont au-delà d'une critique de modèles devenus obsolètes, ils en expliquent le pourquoi, et surtout ils proposent une alternative qui repose sur un partage de la responsabilité, sur la clarté des rôles, sur une vision commune des objectifs et du chemin à suivre, et sur l'interdépendance mutuelle au sein des équipes.

 

 

 

 

Cette autre définition du leadership, au-delà du "leadership héroïque", est illustrée par de nombreux exemples qui permettent de bien comprendre le pourquoi de sa fonctionnalité.

 

 


Bradford et Cohen ne se contentent pas de démonter les mécanismes du "leadership partagé", mais ils suggèrent aussi le chemin qui intègre efficacement la vision et le leadership. À une époque où le débat sur la pertinence de la "vision" dans l'entreprise va bon train, il est utile de trouver une réflexion pratique sur le rôle de cette vision, souvent souhaitée et crainte à la fois.

 

 


David L. Bradford et Allan R. Cohen s'adressent en fait à tous ceux qui veulent réfléchir sur le changement et la transformation des organisations - sujet qui préoccupe tant les dirigeants - et cherchent à intégrer les concepts dominants dans la pensée managériale de notre époque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Equipes au Top_______________________________________

 

 

 

 

 

 

Jon R. Katzenbach se consacre au fonctionnement des équipes dirigeantes. Dans quelle mesure et de quelle façon les dirigeants doivent-ils adopter un mode de fonctionnement en équipe ? Katzenbach, consultant chez McKinsey, nous propose une réponse nuancée, incitant à combiner travail d'équipe et travail individuel. Il fournit plusieurs conseils pour parvenir à un équilibre optimal.

 

 

 

 

Peu de consultants sont capables de nous apporter des éclairages qui soient de véritables explications des phénomènes que nous vivons, au point de nous faire dire : "C'est intéressant et intuitivement correct, et maintenant que le consultant l'a dit, cela paraît évident !". Katzenbach est parvenu à cet exploit, en montrant la distinction entre les véritables équipes et les simples groupes de travail. Il est parvenu à expliquer les difficultés vécues dans la mise en œuvre d'équipes et à nous indiquer concrètement par quels moyens les surmonter.

 

 


Jon R. Katzenbach vise à étendre cette analyse aux équipes dirigeantes. Ce qui le conduit à explorer une question majeure : la gestion du conflit entre le rôle de l'individu comme membre de l'équipe et sa position au sein de l'organisation. Cette difficulté est en effet particulièrement vraie pour les dirigeants, à la fois membres d'une équipe dirigeante et personnellement responsables d'une fonction ou d'une activité précise.

 

 


Katzenbach nous expose avec clarté les différents aspects de ce dilemme. Il se révèle particulièrement pertinent dans son analyse du mythe du leader héroïque, du grand patron qui serait seul maître des destinées de l'organisation. Il nous offre aussi un éclairage passionnant sur les raisons qui conduisent les Directions Générales à ne pas fonctionner comme de véritables équipes. Il invite à combiner plusieurs modes de travail au sommet de l'entreprise, alternativement en équipe, en groupe de travail et de façon individualiste. Il illustre ses conseils d'exemples détaillés issus d'entreprises américaines.

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repenser le Rôle du Centre_______________________________

 

 

 

 

 

 

Quelle est la valeur des fonctions centrales ? Cette question peut paraître iconoclaste, mais elle sous-tend les interrogations de nombreux dirigeants, soucieux d'éviter le piège d'un "centre" excessivement lourd, coûteux et freinant l'initiative des unités opérationnelles.

 

 

 

 

Certains préconisent la réduction au minimum des fonctions centrales : tout le pouvoir devrait être délégué au niveau des "business units", gérées comme des entités autonomes. A l'extrême, on va jusqu'à remettre en cause la raison d'être même du centre : certains consultants affirment que de nombreux groupes gagneraient à être dissous, car chaque entité aurait plus de valeur si elle était autonome. A l'inverse, d'autres soulignent qu'accroître la centralisation de certaines fonctions, telles que les Ressources humaines ou la Finance constitue une opportunité d'économies d'échelle et de renforcement des expertises.

 

 

Alors, faut-il renforcer ou réduire, voire supprimer, les fonctions centrales d'un groupe ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conseils dans le Travail__________________________________

 

 

 

 

 

 

À partir de l'observation de nombreux conseils d'administration, Ram Charan nous indique quelles sont les clés pour faire de cette institution un véritable avantage concurrentiel pour l'entreprise. Il insiste en particulier sur l'importance pour le groupe d'administrateurs d'exercer un jugement collectif. Il en déduit plusieurs règles à respecter pour favoriser ce comportement d'équipe.

 

 


Charan examine aussi en détail le rôle du conseil vis-à-vis des actionnaires et du PDG.

 

 

Le rôle croissant des marchés financiers dans le financement des entreprises et la montée en puissance des investisseurs institutionnels internationaux conduisent à une relative convergence des modes de gouvernement de l'entreprise à l'échelle mondiale. Aux Etats-Unis, comme en Europe et au Japon, on s'interroge sur l'efficacité des Conseils d'Administration, qui répondent souvent mal aux nouvelles préoccupations des actionnaires, en particulier institutionnels.

 

 


Ram Charan se fonde sur l'expérience des grandes entreprises américaines. Ses recommandations ne portent pas sur l'aspect juridique, mais sur le rôle substantiel des conseils et les moyens d'améliorer significativement leur efficacité opérationnelle.

 

 


Appelés à être de plus en plus actifs, indépendants et critiques, les conseils d'administration doivent se dégager de l'aspect protocolaire et jouer un rôle à la fois plus constructif et focalisé, permettant d'instaurer un dialogue sur le fond et les questions clés de l'avenir de l'entreprise. La stratégie de l'entreprise est ainsi une préoccupation clé du Conseil, qui ne doit pas pour autant se substituer au management pour son élaboration.
Charan ne retient pas l'idée d'un "audit stratégique" au service du Conseil.

 

 


Ram Charan s'attache peu au formalisme des grands groupes américains (par exemple les Board Guidelines de General Motors en 1994) ou à l'aspect réglementaire (par exemple le Code Cadbury de 1992 applicable aux sociétés cotées au London Stock Exchange et les travaux du Comité Hampel de 1997). Pour Charan, un Conseil efficace est un Conseil de petite taille, une douzaine d'administrateurs très majoritairement externes et indépendants, un nombre réduit de comités spécialisés, et surtout une unité de présidence.

 

 


En dehors du comité d'audit (obligatoire aux Etats-Unis), du comité des rémunérations et de celui des nominations,
Charan se méfie de l'éventuel "comité exécutif" qui pousse à un conseil à deux vitesses.

 

 


Il montre l'importance de l'ouverture du processus de sélection permettant de s'adjoindre des administrateurs externes compétents et diversifiés ; le comité des nominations voit ici sa fonction élargie à celle de "gouvernement de l'entreprise".
Charan considère en revanche que le clivage entre "Chairman of the Board" et "Chief Executive Officer" est source de confusion de responsabilité. Sur ce point, il s'écarte résolument de la règle britannique.

 

 


Finalement, Charan réaffirme le rôle essentiel du Conseil dans l'évaluation et la sélection du CEO. L'utilisation des questionnaires d'évaluation des CEO proposés par Charan n'est sans doute pas encore d'actualité en Europe, mais va dans le sens de l'histoire : autrefois fidèles aux CEO, les administrateurs feront demain allégeance aux actionnaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ITH Kantharith - Publié dans : II. LEVIERS DE PERFORMANCE
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Samedi 28 janvier 2006

La Diversité de l’Entreprise_______________________________

 

 

 

 

 

 

Sondra Thiederman met en avant deux leviers : prendre conscience de ses propres préjugés et apprendre à dialoguer dans un contexte de diversité.

 

 

 

 

Thiederman a pour vocation de montrer l'omniprésence des préjugés dans le milieu professionnel. Elle se base sur des expériences pour la plupart vécues, pour démontrer à quel point notre comportement est régi, de façon souvent inconsciente, par nos préjugés. Au delà d'un simple constat, elle nous propose une démarche pour les identifier afin de les empêcher de nuire à son entourage professionnel et donc à la performance de l'entreprise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Outil de la Diversité _____________________________________

 

 

 

 

 

 

William Sonnenschein nous offre un véritable outil pour mieux gérer la diversité au quotidien. Il part du principe que la naissance de conflits au sein d'un groupe hétérogène est inévitable. C'est donc en sachant les gérer pour tirer parti de la variété des points de vue que l'entreprise pourra faire de sa diversité un atout. L'auteur donne également de nombreux conseils pour mieux se connaître et optimiser sa façon de communiquer avec des personnes de cultures différentes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eurodiversité___________________________________________

 

 

 

 

 

 

George F.Simons et D.Min font un panorama des enjeux de la diversité dans les différents pays européens. Ils nous présentent sa vision de la façon dont la diversité culturelle a impacté le climat des affaires en Europe. Ils exposent les démarches en cours au sein des entreprises et institutions européennes pour gérer cette diversité et mieux en tirer parti.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gestion de l’Esprit Humain________________________________

 

 

 

 

 

 

A l'ère des technologies de l'information, notre esprit fonctionne encore comme à l'âge de pierre ! Tel est le constat que font les chercheurs en psychologie de l'évolution.

 

 


Nigel Nicholson  montre que nous restons influencés par des instincts hérités des conditions de vie de nos ancêtres. Il propose ainsi une grille de lecture stimulante pour mieux comprendre les comportements dans l'organisation.

 

 

 

 

Nicholson  s'attaque à une gageure : appliquer les enseignements de la psychologie de l'évolution à l'entreprise. La psychologie de l'évolution s'inspire des enseignements de la Théorie de l'Evolution pour étudier l'esprit humain. Elle a contribué à la prise de conscience que notre esprit n'est pas "multifonctions", mais est constitué de "modules" spécifiques. Nous excellons ainsi à certaines choses, comme détecter les escrocs, trouver des camarades, ou faire des concessions dans les alliances sociales. Mais nous sommes généralement mauvais pour d'autres choses, comme les mathématiques, la compréhension du risque ou l'appréciation des conséquences de nos actions lorsque nous ne connaissons pas ceux qui sont affectés. Si l'application de la biologie aux groupes sociaux a été rejetée pour la plus grande part du 20e siècle, l'idée est acceptée depuis une dizaine d'années.

 

 


Nigel Nicholson  couvre plusieurs des thèmes clés de la psychologie de l'évolution, qu’il traduit en "principes de management". Il débute par "les sept syndromes mortels", censés mettre à nu l'incompatibilité des organisations actuelles avec notre "esprit de l'âge de pierre". Il développe ensuite des différences entre les sexes, le leadership, l'illusion de la rationalité, notre tendance à favoriser nos proches par rapport aux étrangers, et les rumeurs. Puis, il conclut en proposant un modèle d'organisation pour l'avenir.

 

 


Nigel Nicholson  esquisse les déviations de l'organisation moderne par rapport à la structure "naturelle" des chasseurs-cueilleurs. Tout laisse à croire pourtant que le niveau de violence et de conflit excédait largement ce que l'on connaît aujourd'hui.

 

 


L'être humain vit, depuis la nuit des temps, dans un dilemme fondamental entre l'égoïsme (propager nos propres gênes) et la solidarité du groupe (aider le groupe à réussir, même au détriment de nos propres intérêts). Ce dilemme influence la structure de notre esprit, qui comporte deux types d'instincts antagonistes : ambition et compétition d'une part, amour du prochain, solidarité et réciprocité d'autre part. Ces instincts nous sont tout aussi utiles aujourd'hui qu'ils l'étaient il y a des millions d'années, complétant notre intelligence rationnelle. Seulement, ils peuvent parfois être mis en action de façon inappropriée. C'est pourquoi les comprendre peut nous aider à consciemment faire évoluer marginalement notre comportement.

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

Sauver l’Âme de l’Entreprise______________________________

 

 

 

 

 

 

David Batstone se consacre à l'éthique du leadership et aborde également à cette occasion la question de la diversité. Il évoque, entre autres, la question de l'obligation morale de l'entreprise de représenter la diversité de la population et de donner des chances égales à tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ITH Kantharith - Publié dans : II. LEVIERS DE PERFORMANCE
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