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I. STRATEGIE

Mercredi 1 mars 2006

La Valeur Economique Ajoutée ____________________________

Au cours des dernières années, la Valeur Economique Ajoutée (EVA : Economic Value Added) est devenue une référence reconnue pour apprécier la création de valeur des entreprises. Toutefois, au-delà des classements publiés dans les magazines, dans quelle mesure l'EVA peut-elle constituer un outil de pilotage opérationnel ? Proposons de faire le point sur ce sujet. Al Ehrbar nous fait part des enseignements des premières années d'expérience d'outils de pilotage fondés sur l'EVA et nous offre des conseils pratiques pour appliquer ces méthodes à son entreprise.

Mais qu'est-ce que l'EVA ? En anglais, cela signifie Economic Value Added ou, en traduction littérale, Valeur Economique Ajoutée. C'est tout simplement une mesure de performance directement liée à la création de valeur actionnariale. Elle est définie comme la différence entre la marge d'exploitation après impôt de l'activité dont on veut mesurer la performance, et le coût des capitaux mobilisés pour générer cette marge. Si l'activité dégage une EVA positive, elle crée de la valeur. Si elle dégage une EVA négative, elle détruit de la valeur. Dans le courant de pensée de Al Ehrbar à la gloire de l'EVA, vous trouverez toutes les bonnes raisons pour appliquer sans tarder, si vous ne l'avez déjà fait, cette mesure de performance à votre entreprise, votre division, votre service, votre département ou votre unité. Contrairement au résultat net comptable, c'est une mesure des "vrai bénéfices". Elle rend obsolètes les mesures de performance classiques et souvent contradictoires comme le bénéfice par action, la rentabilité des actifs (nets ou pas), la rentabilité des fonds propres, etc. Elle est en parfaite cohérence avec les critères de choix d'investissement basés sur l'actualisation des flux de trésorerie. Elle fait agir les cadres et les employés comme s'ils étaient propriétaires de leur unité. Elle est simple à expliquer. Elle permet de gérer à long terme. Elle est supérieure à tous les critères actuellement utilisés pour aligner la rémunération non seulement des dirigeants mais aussi celle de tous les employés sur la capacité de chacun à créer de la valeur. Elle conduit à un comportement conforme à l'éthique. Etc. Les exemples d'applications sont nombreux, et incluent des entreprises prestigieuses couvrant des industries très diverses comme Coca-Cola, la Poste américaine, Eli Lilly, Siemens, Banc One, quelques sociétés sud africaines, Telecom New Zealand et bien d'autres.

Une des difficultés majeures dans le calcul de l'EVA d'une activité est l'estimation du montant du capital employé par cette activité. L'estimation est basée sur le bilan de l'activité auquel sont apportés de nombreux ajustements dont le but est d'éliminer les biais comptables.

 

 

Les Approches de la Fonction Financière ___________________

Price Waterhouse présente les grands défis auxquels sont ou seront confrontés les Directeurs Financiers : pilotage de la création de valeur, gestion des choix d'allocation de ressource, gestion du risque stratégique, communication avec les investisseurs, etc. Il examine chaque défi et propose à chaque fois des principes et des démarches pour les relever au mieux.

Selon Price Waterhouse, ces défis sont au nombre de trois : créer de la valeur actionnariale ; réussir la globalisation de l'entreprise ; redéfinir les processus financiers pour accroître leur contribution à la création de valeur.

Waterhouse ne donne pas de recettes mais fait des recommandations détaillées sur l'organisation et les procédures à mettre en place pour répondre à ces défis. L'approche est exhaustive, les cas d'application nombreux.

Price Waterhouse organise ses idées en trois parties. La première partie propose un système de mesure de la performance qui devrait inciter les managers à gérer pour créer de la valeur. La deuxième partie traite de la gestion du risque et montre comment elle peut évoluer de l'approche traditionnelle basée sur le contrôle du risque vers une approche pro-active dans laquelle le risque devient un facteur de création de valeur. Enfin, la troisième partie montre comment la fonction financière doit être restructurée pour être mieux intégrée à l'entreprise, en proposant des systèmes de support à la décision, là encore axés vers la création de valeur.

Waterhouse traite chaque fois d'un thème bien précis comme par exemple la relation entre stratégie et mesures de performance, la prise en compte du risque dans la gestion financière ou encore la restructuration de l'entreprise dans une perspective de création de valeur.

Ensuite, Price Waterhouse proposent leur approche qu'ils illustrent d'applications vécues dans de grandes entreprises multinationales.

 

Par ITH Kantharith
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Jeudi 2 mars 2006

Stratégie de Service _____________________________________

Pour réussir les distributeurs doivent, d'une part, continuer à s'adapter à la complexité du marché européen, notamment l'identité propre de chaque marché local, l'euro qui rendra inévitable les comparaisons transfrontalières de prix, et, d'autre part comprendre les besoins et attentes, de plus en plus complexes et évolutifs, des consommateurs.

Parmi ces principales attentes, "moteurs" des comportements d'achats des consommateurs, on retrouve :

-          l'efficacité : accessibilité, choix du mode d'achats, "tout sous le même toit",

-          la personnalisation : réponse adaptée, identification, lien, réassurance,

-          la valorisation de l'expérience : découvrir, apprendre, socialiser,

-          la valorisation du temps,

-          la valorisation de l'argent.

Les nouvelles stratégies de service de la grande distribution visent donc à répondre à une double exigence : offrir aux consommateurs européens des infrastructures à la pointe de la modernité, tout en répondant à leurs attentes et en préservant leur qualité de vie.

Les distributeurs deviennent des " prestataires " qui offrent un accès global :

-          choix des interfaces de communication, de distribution et de transaction,
ainsi qu'une réponse
globale

-          le "tout sous un même toit" mais aussi le "n'importe quoi, n'importe où, n'importe quand".

Les distributeurs deviennent des "entremetteurs" :

-          mieux connaître les clients, segmenter les clients, proposer une offre différenciée aux différents segments,

-          développer un marketing du lien offre/demande,

-          pour ce faire, développer les synergies avec les industriels.

Le management de l'information - e-procurement, supply chain management, ERP, CRM -, devient la première source de création de valeur. Les nouveaux canaux de distribution permettent de servir différents clients à différents moments et ainsi de développer la valeur de l'offre. Calculer le coût de service au client, canal par canal de distribution, est un enjeu essentiel.

Enfin, pour se différencier, les distributeurs doivent passer de la notion de "valeur" :

-          prix/qualité/service, à la notion de "valeurs" :

-          temps, expérience, identification, environnement, santé, éthique, etc.

Ainsi Walmart et Leclerc ont choisi d'étendre le champ et le contenu de leurs offres, tout en restant dans leur activité traditionnelle. Carrefour et Tesco se transforment, eux, en véritables "gestionnaires de la vie courante". Dans les deux cas l'enseigne devient "une marque ombrelle" capable d'offrir différentes expériences et capable de proposer la réponse la plus adaptée à chaque segment, afin de mieux satisfaire et fidéliser les clients.

 

 

Stratégie de Service Performante et Rentable______________

Heskett, Sasser et Schlessinger se consacrent à la mise en œuvre d'une stratégie dans les services. Ils rappellent les deux piliers sur lesquels repose la satisfaction des clients : la performance du service et la qualité du contact avec le client. Ils décrivent ensuite les principaux leviers d'une stratégie de service rentable.

En s'appuyant sur des analyses qualitatives et quantitatives, Heskett, Sasser et Schlessinger montrent l'importance de bien gérer la relation avec les clients. Plus les clients ont l'impression d'être bien servis, plus ils accordent de valeur au produit. Et plus ils sont fidèles à l'entreprise. Ce qui, in fine, se traduit par une rentabilité élevée.

Heskett, Sasser et Schlessinger n'adoptent pas pour autant une vue simpliste. Contrairement à certains de leurs pairs, ils n'affirment pas qu'il suffit de "satisfaire le client". Et que le service est une recette miracle pour faire des profits. Ils rappellent que le client est avant tout intéressé par un résultat. Et que le service n'est qu'un des ingrédients du succès. Ils rappellent aussi que la stratégie de service n'est pas une voie facile vers le succès. En effet, il ne suffit pas de d'afficher son intention de mieux gérer sa relation avec ses clients. Il faut aussi s'en donner les moyens : sélectionner ses clients, avoir une vision stratégique du service que l'on veut leur fournir et former des équipes capables de nouer des liens étroits avec les clients. De surcroît, il faut faire en sorte que les personnes au contact des clients soient motivées par la tâche qui leur est confiée.

Pour mettre en œuvre la spirale du succès que décrivent Heskett, Sasser et Schlessinger, il faut agir simultanément sur les clients et sur l'organisation. En effet, d'une part, il faut identifier et mettre en œuvre les comportements auxquels les clients seront sensibles. D'autre part, il faut sélectionner, former et motiver les employés pour qu'ils développent une relation privilégiée avec les clients. Heskett, Sasser et Schlessinger indiquent les leviers sur lesquels il faut agir. Et expliquent comment chaque levier, combiné aux autres, contribue au succès de l'entreprise.

 

 

 

L’Intimité Client_________________________________________

Fred Wiersema présente la stratégie "d'intimité client", qui vise à acquérir un avantage concurrentiel par la capacité d'offrir une solution parfaitement adaptée aux besoins propres de chaque client.

Les tailleurs de Hong Kong sont connus pour leur talent et leur rapidité. Mais, il en est de 2 types. Les meilleurs requièrent trois séances d'essayage et d'ajustement pour la confection d'un costume. Les moins bons se contentent d'une séance de prise de mesures. Peu de clients voient a priori la nécessité de se rendre 3 fois chez leur tailleur pour un costume. Pourtant, s'ils font confiance au tailleur, ces essayages répétitifs sont un voyage à la découverte de leurs propres goûts et de ce qu'ils attendent vraiment d'un costume. A la fin, le client est content non pas parce qu'il obtient ce qu'il voulait initialement, mais parce qu'il sait que ses besoins spécifiques ont bénéficié du maximum d'attention.

Fred Wiersema pense que c'est dans ce genre de " relation intime " avec le consommateur que les entreprises doivent désormais chercher leur salut. Sur la base d'une intéressante collection d'exemples, il élabore le concept de " l’intimité client " : fournir un produit ou un service de qualité au delà de ce qui est explicitement demandé, sur la base d'une compréhension en profondeur des résultats que le client est en droit d'attendre.

L'une des idées les plus intéressantes de Fred Wiersema est de suggérer un nouveau rôle pour les fournisseurs : un fournisseur, grâce à son point de vue extérieur et détaché de la situation du consommateur, est en bonne position pour aider son client à définir ses besoins réels. Le marketing devient proche de la tâche de l'anthropologue qui garde l'esprit ouvert pour explorer, par l'observation et le dialogue, la nature des besoins du consommateur. On est loin du fournisseur omniscient qui se contente de chercher à classifier son client dans une segmentation préétablie. Cette conception éminemment contemporaine de la relation client-fournisseur a certainement un bel avenir devant elle.

Un autre aspect intéressant est l'importance donnée à la créativité. Comme dans le concept de "Value Innovation" de Kim et Mauborgne, il est suggéré ici d'aller au-delà de la demande exprimée, de re-conceptualiser sans cesse le produit.

Fred Wiersema a le mérite de reconnaître et de traiter les difficultés de mettre en œuvre une relation d'intimité. Il insiste particulièrement sur la notion de confiance. Il me semble quant à moi qu'il sous-estime la difficulté pratique de communication dans le contexte de ce type de pratiques. Les relations intimes sont par nature proches de l'impolitesse. Si on travaille sur des demandes non exprimées, il faut faire preuve de tact et de persuasion.

D'autre part, l'intimité nécessite un changement de mentalité du consommateur auquel l'esprit frondeur des français n'est peut-être pas tout à fait prêt : le fournisseur est supposé éduquer, intervenir dans la définition des attentes et enseigner le meilleur usage des biens et des services fournis. C'est l'anti self-service.

 

 

L’Economie d’Expérience__________________________________

Au cours du siècle, les services ont progressivement pris le pas sur les produits dans la création de richesses. James H. Gilmore nous annonce l'émergence d'une nouvelle génération d'offres, destinée à supplanter à leur tour les services : l'offre d'expériences. Pour Gilmore, face à la banalisation progressive des services, les entreprises vont devoir se différencier en proposant à leurs clients de vivre de véritables expériences, uniques et mémorables. Il nous indique pourquoi, et comment y parvenir.

Le sujet principal de Gilmore est séduisant pour un manager : ne vendez pas des services, qui ne sont qu'un "ensemble d'activités intangibles" vendues à bas prix et faibles marges ; vendez des expériences, des "événements mémorables, à des prix et marges plus élevés". Pour cela, redéfinissez et réorganisez votre activité non plus autour de produits ou services, mais autour d'expériences.

Gilmore défend leur thèse avec cette déclaration extrême : "l'histoire du progrès économique consiste à facturer ce qui a un jour été gratuit". L'implication, bien sûr, est que les clients accepteront volontiers de payer un prix plus élevé pour vivre une expérience. Christensen (auteur de The Innovator's Dilemma) répliquerait que ce type de stratégie ouvre la porte à des concurrents capables de proposer des fonctionnalités équivalentes à un prix plus faible, prenant ainsi la plus grande part du marché au détriment de ceux qui cherchent à créer une expérience à forte valeur.

Une critique que l'on pourrait faire à Gilmore est de présenter la mise en scène d'expériences comme la future pierre angulaire de la stratégie d'entreprise. Une approche qui risquerait de résulter en une série d'artifices concoctés pour le client, joués par des amateurs dont beaucoup seraient rapidement déçus de leur travail.
En fait,
Gilmore a développé une analogie, fondée sur une vision partielle des facteurs de succès des entreprises. Il faudrait la replacer dans le contexte des autres facteurs de succès. La réussite de Southwest Airlines, par exemple, est sans conteste due non seulement à sa capacité de faire vivre à ses passagers une expérience unique, mais aussi à ses prix parmi les plus bas du marché ! Ainsi, les recherches menées par mes collègues et moi-même suggèrent que la valeur pour le client vient de plusieurs facteurs : Le résultat qu'ils reçoivent ; La façon de livrer ce résultat ; Le coût d'accès au produit ou service ; Le prix du produit ou service.

James H. Gilmore se concentre sur le deuxième de ces aspects. Ce que Michael Hammer appelle "le sourire du chauffeur de la limousine", qui ne remplacera jamais la limousine sans laquelle il n'y a pas de résultat.

 

Par ITH Kantharith
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Vendredi 3 mars 2006

La Stratégie au Niveau du Groupe__________________________

Michael Goold, Marcus Alexander et Andrew Campbell explorent les pistes de création de valeur qu'un groupe peut apporter aux filiales et aux divisions qu'il est chargé de coordonner. En particulier, ils explorent 4 leviers : renforcer les échanges entre entités ; fournir une expertise qui n'est pas disponible dans les filiales ; gérer avec succès les cycles des portefeuilles ; faciliter des nominations de managers performants.

Michael Goold, Marcus Alexander et Andrew Campbell jettent un éclairage précieux sur un sujet souvent mal compris : le rôle du siège dans la gestion d'un portefeuille d'entreprises. Ils proposent une approche structurée et illustrée d'exemples qui aidera chaque manager à conduire un diagnostic pour son groupe.

Goold, Alexander et Campbell étudient tout d'abord le potentiel de création de valeur des groupes et en identifient les quatre principales sources. Ils introduisent ensuite la notion d'avantage parental : le bénéfice qu'a une filiale a être possédée par un groupe. Ils élaborent pour chaque groupe une "Déclaration d'avantage parental". Celle-ci synthétise la stratégie de création de valeur du groupe, les caractéristiques qui lui permettent de créer de la valeur et enfin le cœur de métier, c'est-à-dire les activités où le groupe est susceptible de créer de la valeur.

La force de leur pensée est qu'elle traite véritablement de la stratégie au niveau du groupe. Et non pas de la stratégie d'entreprise, confrontée à son marché. Le pilier de la stratégie de groupe doit être la création de valeur pour les filiales. Cette capacité à créer de la valeur nécessite d'établir un environnement organisationnel favorable au portefeuille d'activités. Elle repose sur des compétences de management et d'organisation du siège. Michael Goold, Marcus Alexander et Andrew Campbell montrent que la stratégie de groupe est avant tout une discipline interne. A la différence de la stratégie d'entreprise qui est tournée vers l'environnement extérieur.

Ils insistent sur le besoin d'adéquation entre la stratégie du siège, ses compétences et son portefeuille d'activités. Pourtant, les groupes internationaux et multiactivités d'aujourd'hui doivent être flexibles et s'adapter à chaque contexte d'activité. Les recommandations des auteurs incitent à créer une organisation non flexible.

De même, Goold, Alexander et Campbell se préoccupent essentiellement de la complémentarité siège-filiale à un instant donné. L'évolution rapide de l'environnement oblige pourtant à penser cette complémentarité de manière dynamique.

Enfin, la culture des managers est présentée comme une caractéristique parentale particulièrement difficile à faire évoluer. Ils ne proposent de l'altérer qu'indirectement en s'attaquant à des éléments tels que la structure ou les services centraux. Cette position est discutable. Les managers peuvent se remettre en cause.

 

 

Synergie_______________________________________________

Goold et Campbell nous exposent une démarche pragmatique pour tirer parti des opportunités de synergies entre unités d'un groupe. Ils nous mettent d'abord en garde sur les fréquents échecs dans ce domaine. Ils nous proposent une démarche d'analyse d'opportunité destinée à éviter de se faire piéger par les "fausses synergies", pour pouvoir concentrer ses efforts sur les projets réellement prometteurs.

Goold et Campbell présentent une approche simple, claire et directe d'un des problèmes fondamentaux de la stratégie : Quels sont les obstacles à la réalisation des bénéfices que l'on pourrait attendre des liens possibles entre divisions ou activités d'un même groupe ? Que peut-on faire pour surmonter ces obstacles ?

La réponse réside dans la prise de conscience des biais psychologiques dont sont sujets les managers du siège. Ceux-ci sont parfois victimes de "mirages", imaginant des possibilités de synergies qui n'existent pas. Ils peuvent aussi souffrir d'un "ego d'entreprise" excessif, qui leur laisse croire que seule une intervention du siège permettra de tirer parti des opportunités de synergie. De même, ils ont tendance à présumer qu'ils disposent du savoir-faire nécessaire pour intervenir avec succès, alors que ce n'est pas toujours le cas. Enfin, beaucoup sous-estiment systématiquement les conséquences négatives de leur intervention sur le bon fonctionnement des unités.

Au-delà de cet éclairage sur les dangers de la recherche de synergies, les auteurs nous indiquent toute une série de conseils pratiques pour surmonter ces différents biais psychologiques et faire l'état des lieux de la façon dont les opportunités de synergie sont gérées dans l'entreprise. Ces indications sont remarquables par leur clarté et leur pertinence, et devraient considérablement aider tout manager exerçant des fonctions centrales à renforcer ses compétences en la matière.

Fidèle à leur objectif, Goold et Campbell évitent tout discours théorique pour se concentrer sur des enseignements pratiques. Il aurait toutefois été utile de replacer cette réflexion dans le contexte des débats sur les avantages et inconvénients des structures multidivisionnelles. Les biais psychologiques ne sont en effet qu'une partie de l'explication de l'incapacité des sièges à tirer réellement parti des possibilités de liens entre unités. De fait, Goold et Campbell mettent en avant l'importance critique de développer des "mécanismes bien rodés" pour la coordination entre unités ou l'intervention du siège. Il s'agit là bien plus de renforcer les modes de fonctionnement de l'organisation que de gérer des biais cognitifs.

Un autre développement utile aurait été de distinguer la difficulté de tirer parti de synergies entre unités déjà établies, de celle d'intégrer une unité nouvellement acquise. L'observation montre en effet que ces deux situations se caractérisent par des dynamiques très différentes, et nécessitent des approches distinctes pour évaluer et exploiter les opportunités de synergie.

 

 

La Stratégie de la Valeur _________________________________

Tom Copeland, Tim Koller et Jack Murrin exposent les outils pour mesurer la valeur que l'entreprise crée pour ses actionnaires. En particulier, ils montrent combien il est important d'introduire un suivi des activités sur la base d'un cash flow actualisé. En effet, cela permet d'identifier les unités stratégiques créatrices de valeur, de piloter les restructurations, d'évaluer les risques de démantèlement en mesurant l'attrait de l'entreprise pour un raider.

Les thèmes abordés par Copeland, Koller et Murrin sont traités avec une approche et un vocabulaire parfaitement adaptés aux managers n'ayant pas de connaissance particulière de la Finance.

Le message est simple et puissant : le manager doit être un gestionnaire de la valeur. L'objectif de toute décision managériale doit être d'accroître la valeur de marché de l'entreprise. Les auteurs montrent comment les modèles de décisions utilisés par bon nombre d'entreprises vont souvent à l'encontre de cet objectif. Ils proposent de manière très concrète une approche plus pertinente basée sur l'analyse des flux monétaires actualisés.

Enfin les applications proposées sont d'actualité. Comment analyser une fusion, une acquisition, une recapitalisation ? Comment évaluer la contribution des différentes activités de l'entreprise à la valeur de la firme ? Comment analyser les investissements stratégiques ? Comment mieux communiquer avec les marchés financiers ?

 

Par ITH Kantharith
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Samedi 4 mars 2006

Comment Améliorer la Croissance ?________________________

Au cours des dernières années, la majorité des grands groupes a constaté un net ralentissement de leur croissance. Certains incriminent la conjoncture économique, d'autres, la saturation des marchés. Adrian Slywotzky s'inscrit en faux contre cette fatalité. Il nous propose de découvrir la façon originale adoptée par certaines entreprises pour doper leur croissance : inventer une nouvelle forme de demande.

La dure réalité que doivent affronter les managers sous pression pour générer une croissance "à deux chiffres" est que lorsque le PIB croît à un rythme de 2 ou 3 % par an, les marchés ne croissent en moyenne que de 2 ou 3 % par an. Où donc trouver la croissance désirée, dans l’économie de moins en moins différenciée "d’après-bulle" ?

Adrian Slywotzky, consultant et auteur de nombreux livres de stratégie à succès, pense avoir trouvé la réponse. La solution qu’il préconise combine la vision "resource-based" de l’entreprise et l’innovation marketing. Il recommande que l’entreprise tire parti de ses "atouts cachés" pour satisfaire "la prochaine génération de besoins". Si les deux idées – compétences clés et vente de solutions – sont anciennes, cela ne diminue en rien la richesse de la recommandation.

Sur le fond, Slywotzky préconise de combiner un audit interne de ses atouts et compétences avec une analyse externe des problèmes de ses clients. Il affirme que cette démarche révélera de nouvelles voies de croissance, au-delà de l’offre actuelle de produits ou services. Comme cette stratégie a permis à Général Electric, par exemple, de trouver la croissance pendant la dernière décennie, l’argument est difficilement contestable !

Slywotzky expose son interprétation des stratégies fondées sur les compétences clés et l’offre de solutions, en particulier comment comprendre la chaîne de valeur interne du client pour trouver de nouvelles façons de résoudre ses problèmes.

Même s’il affirme le contraire, la recommandation de Slywotzky implique que les entreprises s’embarquent sur la dangereuse voie de la diversification. Ensuite, si chaque fournisseur suit les recommandations d’élargir son offre au-delà de la simple vente d’un produit, la concurrence sera énorme pour fournir au client la "solution packagée". Enfin, élargir la palette d’activités d’une entreprise peut la conduire sur des zones de la chaîne de valeur sur lesquelles elle n’a pas d’avantage concurrentiel. Il y a de très bonnes raisons, par exemples, pour lesquelles un fabricant de composants n’essaie pas de faire des produits finis.

Il faut rappeler aux managers qu’ils doivent en permanence repousser les frontières de leur offre pour maintenir la pression nécessaire à la croissance.

 

 

Destruction Créatrice ___________________________________

La performance des entreprises est freinée par leur tendance naturelle à favoriser la continuité. Pour lutter contre cette tendance, il faut inviter les dirigeants à s'inspirer des principes de succès du capital-risque.

Seule une infime proportion des entreprises parvient sur le long-terme à dépasser les performances de la bourse. Et pour cause : les organisations visent avant tout la continuité, plus que la saisie des opportunités.

Succomberez-vous aux inévitables tempêtes de la destruction Schumpetérienne ? La destruction créatrice conduira les managers à être attentifs aux changements fondamentaux des règles du jeu des marchés, et leur montrera comment en tirer parti au bénéfice de leurs actionnaires.

Les marchés financiers américains fonctionnent d'une façon merveilleusement efficace. L'information circule en toute transparence et est fiable. Les capitaux sont abondants, même pour les start-up. L'environnement légal et réglementaire est bien développé et équitable. Et il existe un processus ordonné, le processus de faillite, pour redéployer les actifs des sociétés en détresse financière. Les marchés américains sont un terrain de jeu remarquable dont les règles sont clairement définies, mais où les actions individuelles sont laissées à la discrétion des joueurs.

Foster et Kaplan font remarquer que la performance à long terme des entreprises est très inférieure à celle des marchés financiers. Ils énumèrent les causes de cette divergence et suggèrent ensuite comment les organisations et leur management peuvent de métamorphoser pour imiter les caractéristiques des marchés.

Le problème fondamental semble être que les dirigeants ne sont pas aussi adeptes de la "Destruction Créatrice" que les marchés financiers. Celle-ci, selon Joseph Schumpeter, est le processus par lequel la structure économique se renouvelle en permanence de l'intérieur. Un modèle inefficace étant continuellement remplacé par un nouveau. Dans l'économie, les mutations sont le résultat de discontinuités, des ruptures. Alors que les entreprises sont beaucoup plus orientées sur la continuité - comment améliorer l'efficacité opérationnelle - et se préoccupent au mieux de changements incrémentaux.

Foster et Kaplan énumèrent ce qui ne va pas dans le système de management américain : une focalisation excessive sur l'efficacité opérationnelle aux dépens d'une réflexion stratégique créative capable d'innover radicalement ; des modèles mentaux qui excluent la pensée latérale, des processus de contrôle et de prise de décision qui étouffent la créativité, et des blocages culturels qui empêchent la prise de risque nécessaire pour mettre en place des ruptures.

A Foster et Kaplan proposent une myriade de conseils pour améliorer son processus de planification, pour équilibrer contrôle et autonomie, et pour déterminer quelles questions poser et comment animer des réunions pour permettre à l'entreprise d'identifier les ruptures.

 

Par ITH Kantharith
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Dimanche 12 mars 2006

Hypercompétition________________________________________

Richard A. D'Aveni remet en cause les principes de la démarche stratégique classique, qui vise à bâtir des avantages concurrentiels durables. Il montre au contraire que le succès repose sur l'adaptation permanente de son positionnement aux évolutions du jeu concurrentiel. Il propose un modèle d'analyse pour anticiper ces évolutions et préconise 7 compétences stratégiques pour réussir dans ce contexte d'environnement mouvant.

D'Aveni, qui prône la flexibilité stratégique et l'usage de tactiques inspirées de la guérilla, guide les entreprises des secteurs en mutation rapide. Dans ces environnements hautement concurrentiels, il n'existe pas d'avantage durable. Et les adversaires se laissent rarement la possibilité de lécher leurs blessures entre deux batailles. L'ère de la concurrence chevaleresque et "fair play" est révolue.

Dans de tels environnements, le timing est clé. Il faut être le premier à frapper. Être prêt à abandonner ses produits existants avant d'en avoir extrait la dernière goutte de profit. Pour remporter la victoire, il faut ainsi être irrationnel et imprévisible. Les entreprises doivent savoir détruire leurs avantages concurrentiels du moment pour affaiblir leurs concurrents. Briser le statu quo pour saisir de nouveaux avantages temporaires plutôt que de maintenir l'équilibre pour préserver leurs avantages traditionnels.

A partir d'exemples détaillés dans de nombreux secteurs, D'Aveni nous montre que ce monde "hyperconcurrentiel" est déjà une réalité. Il nous offre un cadre de réflexion sur les comportements à adopter pour y réussir : les "Nouveaux 7 S". Et, à l'image des guérilleros qui savent choisir le terrain sur lequel engager le combat, il nous invite à considérer 4 champs de bataille possibles. En juxtaposant les nouveaux 7 S au modèle d'évolution du jeu concurrentiel sur chaque champ de bataille, il développe une méthodologie qui suggère sur quels S et sur quels champs de bataille se focaliser.

D'Aveni montre bien comment, sur chaque champ de bataille, le jeu concurrentiel conduit naturellement les entreprises à avoir des avantages toujours plus fugaces. Jusqu'à ce que toute opportunité de prendre l'avantage soit détruite. Mais les dirigeants n'ont pas d'autre choix que d'engager leur entreprise dans cette course. Sous peine de sortir du jeu.

La vision de D'Aveni est déprimante pour les managers en quête de la solution définitive qui assurerait le succès de leur organisation. Pour D'Aveni, il n'existe pas de solution durable. Si elles veulent survivre, les organisations doivent apprendre à être encore plus souples et créatives. Aucun leader n'est assuré de le rester très longtemps.

Parce qu'il est peu engageant, certains peuvent être tentés d'ignorer ce message. Ce serait une erreur. Vouloir maintenir le statu quo dans un environnement hyperconcurrentiel est aussi efficace que de "pelleter du sable pour contenir la marée" ! 

 

La Co-opétition __________________________________________

Adam M. Brandenburger et Barry J. Nalebuff présentent les principaux enseignements de la théorie des jeux appliquée à la stratégie d'entreprise. Il décrit en particulier 4 leviers pour faire évoluer la situation à son avantage : faire entrer de nouveaux acteurs ; changer les règles du jeu ; jouer avec les perceptions ; tirer parti des liens entre marchés différents.

Adam M. Brandenburger et Barry J. Nalebuff cherchent à montrer comment la théorie des jeux peut s'appliquer au monde des affaires. La théorie des jeux est un domaine fascinant. Et son application au monde des affaires a un potentiel énorme. L'idée est donc à la fois intrigante et intéressante.

Ils nous montrent que pour réussir, une entreprise peut modifier le marché. Et non se contenter de subir ses évolutions. Pour cela, Brandenburger et Nalebuff nous expliquent qu'elle peut agir sur plusieurs leviers.

La coopétition selon Adam M. Brandenburger et Barry J. Nalebuff nous pousse aussi à réfléchir en termes de coopération. Aujourd'hui, les entreprises sont trop obsédées par la notion de concurrence. Cette vision étroite est extrêmement destructrice. Il est beaucoup plus sain et beaucoup plus porteur d'envisager les rapports sous l'angle de la coopération. Brandenburger et Nalebuff nous incitent ainsi à nous préoccuper des "compléments" - ces entreprises dont l'offre vient renforcer la notre - tout autant que des concurrents.

 

 

Stratégie  du Judo ______________________________________

Comment un challenger peut-il s'imposer sur le marché en exploitant la force de ses concurrents ? En s'inspirant de la stratégie du Judo.

La stratégie du judo propose d'analyser à la lumière de trois des principes de combat de cet art martial, les stratégies gagnantes des challengers : être toujours en mouvement pour surprendre et parer la contre attaque, déséquilibrer l'adversaire tout en maintenant son équilibre, utiliser la force de son adversaire pour le faire chuter.

Un paradoxe de la stratégie des entreprises est qu'alors que les nouveaux entrants souffrent de nombreux désavantages par rapport aux acteurs en place, ils réussissent parfois néanmoins à surpasser les géants. Parmi les exemples connus, on compte Netscape face à Microsoft (au moins pendant un certain temps), des compagnies aériennes comme People Express ou Frontier, qui ont surpassé les principaux transporteurs, Sega face à Nintendo dans les jeux vidéo, suivi de Sony face à Sega.

La stratégie du judo permet de résoudre ce paradoxe. Ce faisant, il fournit aussi des recommandations stratégiques que les challengers tout comme les leaders trouveront très utiles. Pourquoi le judo ? Parce que l'art japonais du judo enseigne comment utiliser le poids de l'adversaire contre lui, comment transformer sa force en faiblesse. Trois "étapes" du judo sont à rappeler. Premièrement, utilisez le mouvement pour surprendre un adversaire de poids. Deuxièmement, déséquilibrez-le tout en gardant votre équilibre. Troisièmement, utilisez l'effet de levier pour décupler vos propres forces et jeter à terre votre adversaire.

Un nouvel entrant sur un marché choisit délibérément une faible capacité et des prix bas. Le leader doit alors faire à un choix : casser les prix pour reprendre la totalité du marché, ou céder une petite part de marché au challenger. Si le challenger calcule bien, le leader choisira la seconde option et le nouvel entrant bénéficiera d'une prise sur le marché. Dans ce cas, le "poids" du leader est sa base client. Avoir beaucoup de clients rend une baisse des prix très coûteuse, le leader est donc désavantagé. L'hypothèse implicite est que le leader ne peut pas différencier ses prix selon ses clients. C'est ce qui a causé la perte de nombreuses start-up dans le domaine du transport aérien. En utilisant les techniques de yield management (gestion de rendement), les principaux transporteurs ont trouvé des façons d'égaler les bas prix des start-up vis-à-vis de leur cible, sans pour autant baisser tous leurs prix.

 

Par ITH Kantharith
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